Le Soir en ligne - 04/04/2006
Des anciens travailleurs de Ford Genk ont pris la parole devant le tribunal du travail de Tongres qui examinait le licenciement de 42 anciens membres du personnel. Ils ont raconté comment ils se sont trouvés sur une liste noire pour des peccadilles.
A la suite du plan de restructuration de 2003, 1.400 travailleurs, sur les 2.770 personnes licenciées, se sont retrouvés sur une liste noire. Ils avaient une ancienneté moyenne de 19 ans et 625 travailleurs figuraient sur cette liste pour avoir été malades à plus de huit reprises au cours des cinq dernières années.
L'avocat qui défend leurs intérêts, Me Jan Buelens, a dénoncé les critères unilatéraux et arbitraires retenus par Ford Genk pour licencierdes travailleurs.
Ce faisant, dit-il, l'entreprise a notamment enfreint la loi qui interdit toute discrimination sur base de critères de santé, de race, de religion ou d'âge.
En outre, Ford Genk n'aurait pas respecté la procédure légale en matière d'information et de consultation car les critères de licenciementn'ont pas été communiqués conformément à la loi.
Il n'y a pas eu davantage de concertation avec les organisations syndicales. L'avocat des travailleurs a encore accusé Ford Genk de non-respect des conventions collectives.
Il a demandé au tribunal d'accorder aux 42 requérants des dommages et intérêts et d'ordonner la publication du jugement dans la presse.Les avocats de Ford Genk et ceux de l'Etat belge devaient encore plaider dans cette affaire.
Ford se défend
La direction de Ford Genk a appliqué toutes lesprocédures de manière correcte lors du licenciement collectif survenu dans l'entreprise au moment de la restructuration d'octobre 2003, ontaffirmé mardi les avocats de Ford Genk devant le tribunal du travail de Tongres.Les critères avaient été établis de manière objective avec les syndicats, a indiqué Me Luc Vanaverbeke.Citée en justice par 42 anciens travailleurs, la direction de Ford Genk a fait citer à son tour l'Etat belge pour discrimination.
Ford se base surl'annulation par la cour d'arbitrage de la loi anti-discrimination, qui était encore en vigueur lorsque l'entreprise et les syndicats ont signé uneconvention collective de travail concernant les travailleurs licenciés.
La direction de Ford estime n'avoir discriminé personne dans cette procédure, mais si le juge de Tongres devait en décider autrement, l'Etatbelge, et non l'entreprise, serait le véritable responsable en raison de ses négligences dans la loi anti-discrimination, affirment les avocats.
(D'après Belga) |